Le Désert de Retz logo

L’Histoire du Désert de Retz

Entre 1774 et 1789, François de Monville, homme des Lumières passionné d’architecture, de botanique et de musique, créa le Désert de Retz.

Ce jardin paysager aux essences rares faisait à son origine 38 hectares et comprenait une vingtaine de fabriques. Ces créations architecturales sont des constructions pittoresques, parfois extravagantes, s’inspirant des styles chinois, orientaux ou bien antiques. Le tracé du Désert de Retz s’inscrit dans un parcours initiatique évoquant différentes cultures et courants de pensée : l’Éthique, les Encyclopédistes, les Lumières, les Sciences ou encore la Franc-maçonnerie.

Le Désert de Retz fait aujourd’hui 17 hectares et compte encore 7 fabriques : la Colonne détruite, la Tente tartare, l'Église gothique ruinée, le Temple au Dieu Pan, le Petit Autel presque ruiné, le Théâtre découvert et la Pyramide glacière.

Les autres fabriques ont disparu : la Maison chinoise, l'Orangerie, le Rocher, les Serres, le Tombeau, l'Ermitage et l'Obélisque.

En 2007, la commune de Chambourcy fait l’acquisition du lieu pour un euro symbolique. Le but : ouvrir le Désert de Retz au public, restaurer son apparence d’antan et en faire un espace culturel dynamique. Aujourd’hui, le Désert de Retz est ouvert tous les samedis d’avril à octobre. La commune organise deux journées portes ouvertes dans l’année et de nombreux autres événements ; ainsi, plus de 5 000 visiteurs découvrent le lieu chaque année.
 

Chronologie

12 septembre 1774 : François de Monville achète une maison de campagne entouré de 13 hectares de terrain à Saint-Jacques de Retz, en limite nord de la forêt de Marly.

1775 : M. de Monville fait bâtir une première fabrique, le Temple au dieu Pan et commence l’agencement de son jardin anglo-chinois. Il passe commande en 1777 de plusieurs milliers de pieds auprès des pépinières royales. Il collectionne dans ses serres chaudes de multiples essences végétales rares.

1781 : Construction de la Colonne détruite qui devient l’habitation du propriétaire, puis de la Pyramide glacière, de la Tente tartare et du Rocher.

1785 : Le plan « définitif » du Désert de Retz est arrêté : une vingtaine de fabriques sur 38 hectares. Il accueille des visiteurs de renom (Marie-Antoinette, Élisabeth Vigée Le Brun, le roi de Suède Gustave III ou encore Thomas Jefferson) et de nombreuses manifestations : réceptions, concerts, pièces de théâtre.

1792 – 1827 : La famille anglaise Fytche occupe le domaine par intermittence.

1827 – 1856 : Le Désert de Retz appartient à Jean-François Bayard, auteur dramatique.

1856 – 1949 : Frédéric Passy, premier prix Nobel de la Paix, et ses descendants, habitent le Désert de Retz pendant près d’un siècle.

1941 : Classement du site au titre des monuments historiques.

30 décembre 1966 : André Malraux fait référence au délabrement du Désert de Retz pour justifier un projet de loi de sauvetage des monuments historiques permettant à l’État de mettre en demeure les propriétaires, qui se désintéressent de l’entretien de leur patrimoine classé, de faire procéder à des travaux de réparation.

1973 – 1979 : Les premiers travaux de sauvetage du Désert de Retz sont entrepris et financés par l’Etat. Ils concernent la Pyramide glacière, le Temple au dieu Pan, le Théâtre découvert et la Colonne détruite.

1989 : La Tente tartare est reconstruite grâce au mécénat privé et les étangs sont nettoyés grâce aux subventions du Ministère de la Culture. Deux fondations américaines financent la restauration de la Colonne détruite.

20 décembre 2007 : Pour 1 euro symbolique, la commune de Chambourcy devient propriétaire du Désert de Retz, en vue de le restaurer et de l’ouvrir au public. 

2008 : Remise en état des zones naturelles par le Golf de Joyenval.

2009 : Début des visites du site par la Mairie en collaboration avec l’association Désert de Retz Jardin des Lumières

2010-2011 : Restauration de la Colonne Détruite – 1ère phase de travaux : réfection de la toiture et des descentes d’eaux pluviales. Réfection des menuiseries à l’identique au RDC et 1er étage. Financés par le Conseil Général des Yvelines et des mécènes privés.

Juin 2011 : Spectacle Sons et Lumières « l’Intemporel » – près de 1000 personnes sur deux représentations.

2012 : Restauration du portail d’entrée, clos et couvert du Temple au dieu Pan, aménagement intérieur de la colonne RDC et 2ème étage. Financés par le Conseil Général des Yvelines, la DRAC et des mécènes privés.

2013 : Les restaurations pour le Désert de Retz en 2013 s’inscrivent dans la continuité de l’année précédente. Par conséquent, le portail d’entrée, le clos et couvert du temple au Dieu Pan et l’aménagement intérieur de la colonne au RDC et au 2ème étage sont désormais achevés.

2018 : Restauration d’un pot à feu sur le Théâtre découvert grâce au mécénat participatif.

2022 : Concert exceptionnel de l’Orchestre de la Garde Républicaine au Désert de Retz.

Un peu de vocabulaire…

Désert

Au XVIIIème siècle, l’appellation « désert » est souvent employée pour désigner un endroit retiré dans un enclos qui le tient à l’écart du monde. En France et en Europe, il existe, à l’époque, plusieurs domaines de ce type. Aujourd’hui, le Désert de Retz est un des rares spécimens, non pas intact, mais proche de sa conception d’origine.

Fabriques

Ce sont de petites constructions ornementales, aux formes diverses et parfois extravagantes, édifiées dans un parc ou un jardin. Elles connurent un fort engouement pendant la seconde moitié du XVIIIème siècle, concurremment à l'essor du romantisme et des jardins à l'anglaise. Par leur disposition et leur succession, elles assuraient l'articulation des points de vue et ponctuaient les circuits de promenades.

Quatre types de fabriques sont à distinguer :

  • les fabriques classiques s’inspirant de l’Antiquité : temples, rotondes ou colonnades à motifs antiquisants
  • les fabriques exotiques évoquant des pays lointains : pagodes, portes chinoises, pyramides
  • les fabriques naturelles reproduisent des dolmens, grottes ou rochers artificiels
  • les fabriques champêtres composées de chaumières, huttes, et reproductions d’architectures vernaculaires